Il y a quelques jours nous avons publié la première partie de l’interview que nous a accordée le journaliste, blogueur et écrivain Junior Haussin. Dans cet échange nous avons essentiellement parlé de la campagne devenue mouvement “la lecture je contribue” qui a vu le jour il y a quelques mois sur la toile. Dans cette deuxième partie, il nous fait part des différentes articulations de la grande apothéose de Mars parmi lesquelles le concours “miss littérature”.

  Depuis quelques semaines vous publiez sur votre compte Facebook des visuels en rapport avec un grand événement en Mars du côté de Douala. Qu’en est-il exactement ?

Il s’agit en fait de faire de la lecture un événement. C’est comme je vous l’ai dit, c’est tout simplement de faire en sorte que les gens parlent de la lecture comme vous et moi on parlerait d’amour, comme on parlerait de musique, comme on parlerait de mode, ça veut dire il faudrait que ça soit dans l’habitude des camerounais. C’est aussi parler de la lecture lors d’un événement, de l’élever au rang d’événement. La lecture doit pouvoir rassembler, mobiliser les gens, pas seulement les mobiliser étant assis dans un coin, arrêter des livres et les lire mais les rassembler et qu’ils s’amusent et pratiquent des activités qui ont trait à la lecture.

Quelles sont les activités qui y seront développées ?

L’événement c’est du 24 au 29 Mars. Il y a plusieurs activités. Déjà le 9 Février on a le casting de « miss littérature », peut-être nous en reparlerons. Ensuite le 24 Mars on a la marche littéraire qui déjà a eu l’approbation du sous-préfet de Douala 1er qui nous autorise à manifester. Il sera question pour vous et moi d’arriver muni d’un livre de son choix et qu’on va parcourir une longue distance sur quelques artères de la ville de Douala. Ensuite on va se retrouver sur un point fixe où on va s’échanger simplement nos livres en se racontant des histoires autour de ces livres-là mais aussi s’échanger des contacts, ce qui permet de créer un réseau qui va devenir la communication littéraire par excellence dans notre pays.

Le 26 Mars on aura le vernissage littéraire qui est  l’occasion de présenter la beauté de la lecture aux uns et autres, une beauté qui est physique et qui est réelle ; les gens ne le savent pas la lecture est belle et cette beauté là c’est ça que je voudrai qu’entrant dans la médiathèque de l’IFC de Douala quand vous regardez les différents murs, vous regardez ce qui est exposé vous voyez le reflet, l’intention d’un auteur en travers l’image de son livre, à travers la police d’écriture de son ouvrage.

Le 29 Mars on aura le gala de lecture qui est bien structuré. Il y aura le spectacle de lecture qui sera joué par des enfants qui vont restituer le contenu d’un ouvrage de leur choix. Ça c’est pour nous une politique pour montrer aux gens comment on lit un livre. Après nous aurons le dialogue en lecture qui est un échange entre le public et notre équipe. On va clôturer par un buffet de lecture et on va continuer à se promettre bien des choses.

Lire aussi la première partie de l’interview avec Junior Haussin

Vous avez évoqué le concours « miss littérature » comme articulation majeure de votre événement de Mars. Pouvez-vous nous en dire plus ?

A un moment je me suis dit s’il faut que je rassemble des gens il faut que je le fasse autour de quelque chose qu’ils aiment bien. La lecture est tellement difficile à apporter aux gens, c’est le cadeau le plus médiocre que l’africain voudrait recevoir, cependant la lecture c’est le meilleur cadeau que chacun doit désirer avoir, mais pour le noir surtout les jeunes lorsque vous leur parlez de lecture ça passe pas. Il fallait que je trouve quelque chose d’intéressant pour rassembler les gens mais au-delà de cela je me suis dit que je ne serais pas toujours là pour porter la voix de la lecture, il me faut une ambassadrice. S’il me faut une ambassadrice il faut bien qu’elle soit couronnée et autour de quoi elle peut être couronnée ? C’est si elle vient devant un public faire valoir ses qualités intellectuelles, faire valoir sa connaissance littéraire, sa posture littéraire, honnêtement on fera d’elle la « miss littérature ». Ce sera la femme qui parle de la lecture, celle qui se lève et qui dit « je vais arrêter les mains des enfants et les emmener sur le droit chemin », voilà pourquoi on a organisé ce concours.

La miss sera-t-elle élue par le public ou un jury ?

Il y aura un jury.

Conditions de participation au concours “miss littérature”/ DR

Un jury constitué d’écrivains, lecteurs ?

J’aime sortir de l’ordinaire.  Les gens sont genre s’ils organisent un truc de santé il faut forcément des spécialistes de la santé. Certes le concours « miss littérature » sera jugé par une fille dont j’ai trouvé la beauté incroyablement bien, donc elle aura son rôle lors du casting et du concours. Le concours sera aussi jugé par des personnes qui ont des connaissances littéraires et bien sûr par un profane qui a envie d’écouter, d’être convaincu si on lui parle d’un livre. Pour l’instant je réfléchis encore sur l’équipe qui va constituer le jury.

Lire aussi “Le concours Miss littérature change de nom et devient Dame lecture”

Y-a-t-il des projets futurs en rapport avec votre cause ?

Pour le futur on prévoit légaliser le mouvement « la lecture je contribue » et après cela vous savez que « la lecture je contribue » est un mouvement qui a la chance qu’à l’intérieur les idées émergent tous les jours. Vous avez pu sans doute remarqué qu’avant d’organiser l’événement du mois de Mars on a eu à faire beaucoup d’autres événements. On a organisé la distribution des livres comme cadeau de noël le 24 Décembre dernier, on continue à tenir des séances de lecture à l’IFC de Douala.

Après l’événement on va également mettre sur pied un blog de lecture hyper concentré. Ensuite on va attaquer le terrain parce que cette lutte ce n’est pas sur les réseaux sociaux, c’est sur le terrain que ça se passe. On va aller jusqu’au bout, l’objectif est d’arriver à s’adresser au ministère des arts et de la culture du Cameroun dans un débat franc et clair autour de la lecture. L’objectif est de susciter la création des bibliothèques publiques dans la ville de Douala. Il y a beaucoup de choses que j’ai pas envie de dire parce que les camerounais sont trop forts, ils copient rapidement (rires). Croyez-moi « la lecture je contribue » est l’un des mouvements qui marquera l’histoire du Cameroun.

Propos recueillis par Colbie MEDJOM

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