En prélude à la première édition de la Journée du Cinéma Camerounais, nous recevons Aimé WAFO, président de la National Film Industry of Cameroon, NAFIC, qui a bien voulu répondre aux questions liées au cinéma camerounais, sujet principal de cette célébration.

Bonjour monsieur, merci d’accepter de jouer l’interface qui édifiera le lectorat de notre site et par-delà le peuple camerounais.

C’est moi qui vous remercie de l’intérêt que vous portez sur notre jeune association et ma modeste personne.

Alors dites-nous c’est quoi la NAFIC ?

La National Film Industry of Cameroon est une association de cinéastes professionnels et amateurs réunis dans le but de procéder à l’édification d’une véritable plateforme de l’industrie cinématographique au Cameroun.

Vous travaillez en ce moment sur un nouveau projet, à savoir la Journée du Cinéma Camerounais, quelle est l’importance de dédier une journée au cinéma?

Dédier une journée à cet art au Cameroun est déjà une manière de reconnaitre aussi que ce secteur rencontre de sérieux problèmes et dont on gagnerait beaucoup à résoudre. Est-ce important ? Oui, tout d’abord parce que c’est une activité génératrice de revenus et créatrice d’emplois, et donc capable de contribuer aussi à la construction d’une économie solide.

Vous l’avez dit, ce secteur tarde à se développer au Cameroun. D’après vous qu’est ce qui justifie cela ?

Eh bien pour faire court, cela n’est que la résultante de la mauvaise organisation des institutions en charge de ce métier ; ensuite une très faible implication des subventions.

Serait-ce donc le manque de subvention qui justifie la qualité des productions locales ?

En réalité pas vraiment. C’est un tout autre souci là-bas, mais plutôt celui de la formation des acteurs. Nombreux sont ceux-là qui s’autoproclament cinéaste alors qu’ils n’ont jamais suivi une formation et le résultat de cette prétention se reflète dans leurs productions.

Quelle est la contribution de la NAFIC à cet effet ?

Notre organisation travaille énormément dans ce sens. On organise des séminaires de formation au moins 5 fois par an et tenez-vous tranquil une formation ne coûte que 5000 francs FCA.

Faire des formations à la volée et sans centre spécialisés n’est peut-être pas le souci finalement ?

Eh bien pas du tout. L’organisation a des institutions spécialisées dans la formation des acteurs, notamment celle de la National Film Academy de Buea, ou encore celle de Ciné Graphics ici à Douala, pour ne citer que celles-là. Et pour ce qui est des formateurs, il s’agit des experts étrangers spécialisés dans ce secteur.

En ce qui concerne les subventions, de quoi s’agit-il exactement ?

Je dirai tout d’abord qu’il s’agit de la subvention morale car une bonne production nécessite un appui culturel solide tel que des événements, des ateliers de documentation et puis financière car une bonne production implique au plus haut niveau une importante disponibilité financière. Regardez le Nigeria ou le Ghana, comment croyez-vous qu’ils excellent dans l’art de nos jours ? Le gouvernement et les institutions sont présents à tous les niveaux. L’artiste doit vivre de son art et pour cela il faut l’appui des institutions de subventions.

Quel apport garantissez-vous  travers cette première édition de la Journée du Cinéma Camerounais ?

L’assurance d’un espoir solide que le cinéma local fera son grand retour sur la scène internationale. L’assurance de la professionnalisation de cette activité et l’assurance de l’avènement très prochain d’une industrie de cinéma comme Nolywood.

Visiblement vous êtes très confiant dans vos propos, pensez-vous réussir là où beaucoup ont échoué ?

Sans prétention aucune de ma part, ma certitude est entièrement fondée sur la confiance que j’ai en mon équipe, car tous ici poursuivons un but commun. En plus le soutien des médias à l’instar de Kulture Master et bien d’autres encore. Notre tâche n’est certes pas facile mais nous avons tous confiance en nos démarches.

Alors la NAFIC a certainement des projets pour l’avenir, pouvez-vous nous en dire plus ?

Notre projet principal est de faire perdurer l’initiative de la Journée du Cinéma Camerounais, JCC et procéder à la mise en place de véritables et solides plateformes de formation cinématographique afin d’impliquer au plus haut niveau des institutions de subventions.

Que diriez-vous à ces jeunes camerounais qui veulent se lancer dans le cinéma, mais sont encore réticent ?

Je leur dirais de ne pas se décourager, de garder et de croire en leur passion et de la solidifier avec des formations.

Merci d’avoir répondu à nos questions.

 

Entretien réalisé par Raphael Djintek ©

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