Son nom crée certainement le doute dans l’esprit rien qu’à la lecture mais il n’en est rien. Ancre Noir n’est autre qu’un pseudo qu’a adopté un jeune camerounais que nous avons rencontré et dont nous avons voulu partager le parcours avec vous.

Il se fait appeler « Prolifik » Ancre Noire tout simplement parce qu’il se considère comme un protecteur et un gardien de la culture ancestrale. Tiré des termes « ancre » qui indique une pièce de métal permettant de fixer un navire, et « noire » qui représente simplement la couleur, ce surnom naît de la volonté de ce dernier à chercher en profondeur les éléments de notre culture « sans toutefois passer par le livre puisque jusque-là c’est le blanc qui nous raconte histoire, une histoire modifiée ». Autrement dit, tout comme ce bout de métal qui prend force au fond de la mer pour fixer le bateau, la culture ancestrale permet à Ancre Noire de se fixer et de se démarquer de ceux que le modernisme a dénaturé, car pour lui, « un arbre sans racine sèche et meurt ».

Comme indiqué plus haut, Ancre Noire est un camerounais pas comme les autres de par ses nombreuses casquettes qu’il arbore en rapport avec les arts. La première est celle d’artiste rappeur que l’artiste arbore depuis 2015, date de sortie de son premier single : « La go là m’arrête ». Son intérêt pour le rap naît en 2001 sous l’influence de sa grande sœur qui était une passionnée des groupes de rap américains tels Mobb Deep, Wu Tan Clan et Public Ennemy. Son intérêt grandissant, en 2005 Ancre Noire se met à écrire ses propres textes en s’inspirant du vécu quotidien. Cela lui a même valu des incompréhensions de la part de sa famille qui a fini par conclure que son attitude est due à la puberté. C’est ainsi qu’après l’obtention de son baccalauréat, il s’inscrit à l’université de Yaoundé 1 en « Arts plastiques et histoire de l’art » qu’il finit par abandonner en 2e année et décide de se lancer dans une aventure 100% musique-rap.

Cependant, au cours de la même année, Ancre Noire le rappeur sort une autre chanson qu’il a appelé « Chaka Ngulu » dans laquelle il décrit sa vie de guerrier. Ici « Ngulu » signifie « force » en sa langue maternelle qu’est l’Eton. Plus tard, d’autres titres verront le jour tels que « Problème de couleurs et de goût » qui relate les difficultés auxquelles il a fait face à ses débuts dans la musique, « L’envers de l’histoire », « Makeda » qui est un mélange de reggae et de trap où il rend hommage à la femme et « le flow coule » qui est une composition dans laquelle Ancre Noire rend hommage à son département d’origine, à savoir la Lekié.

En parallèle avec sa vie de rappeur, Ancre Noire se consacre également au graphisme. S’étant formé sur le tas comme on le dit communément, il réussit plus tard à se démarquer et c’est ainsi qu’il est très vite convoité de part et d’autres pour la réalisation des travaux graphiques. Il a par ailleurs collaboré sur des projets musicaux tels que « le concert des étoiles » qui a eu lieu à Yaoundé en Février dernier ; il a aussi été sollicité par des artistes chanteurs parmi lesquels X-Maleya, Georges Breezy, Falone Maty, Dynastie le Tigre, la Baronne et Lynda Raymonde. Il complète à sa liste des sollicitations de la part des animateurs télé et radio et des particuliers. A ce niveau, il avoue avoir nourri l’intérêt pour l’art visuel qu’est le dessin depuis ses débuts à l’école primaire, ce qui l’a amené plus tard à faire du graffiti (mot italien qui signifie dessins gravés). Et c’est finalement en 2016 que ce designer graphique va prendre la décision de se lancer à son compte et excelle jusqu’à présent en tant que freelance.

Toutefois, les talents d’Ancre Noire ne se limitent pas seulement au rap et aux arts graphiques. Pendant qu’il flirte avec la musique, il commence à s’intéresser à une autre filière de la musique, notamment la réalisation de clips vidéo. « A la base je faisais des collages photos avec un logiciel très basique et il faut avouer que les clips à la télé m’impressionnaient beaucoup et comme mon grand frère est prof d’informatique, il a pu avoir un logiciel pro et j’ai commencé à me former dessus tout seul ». Confie Ancre Noire.

Après mûres réflexions, le jeune homme aux talents multiples se lance également dans la réalisation. Seulement, il choisit délibérément de réaliser uniquement les clips hip-hop. Son tableau de réalisations comprend entre autres « Pieger » de B Nidal, « Hors-série 2.0 » de W.A.M et le « CD freestyle » de DJ Khalifa.

A ce jour, ce camerounais qui a vite développé l’esprit d’entrepreneuriat ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Au contraire il travaille davantage afin de mieux satisfaire les attentes de son public. Actuellement il travaille sur un projet musical qu’il a qualifié de « plus mature » et dont les détails seront communiqués ultérieurement.

De son vrai nom Abega Eyaga Gilles Chrystel, Ancre Noire est né le 5 Juin 1992 à Ntsama, une localité dans le département de la Lekié, région du Centre.

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