C’est le 12 Octobre dernier qu’a eu lieu l’ouverture de l’exposition du « village enchanté de Meke », une œuvre du photographe et auteur de BD, Darius Dada à l’Institut Français de Yaoundé. Jusqu’au 14 Novembre 2018, le public aura l’occasion de profiter de cette installation qui représente la localité de Bagoboung, terre natale de l’artiste située dans la région de l’Est du Cameroun.

Le “village enchanté de Meke” actuellement exposé à l’IFC de Yaoundé/ DR

L’installation du « village enchanté de Meke » est la résultante d’une résidence de quatre semaines effectuée à l’Institut Français du Cameroun de la capitale. Selon l’auteur, elle aboutira à la réalisation d’un livre-photo qui est à la base une partie d’un projet de film d’animation intitulé « Twenty-Ten ». Cette installation au-delà d’être un avant-goût pour le public, est également un moyen pour le photographe de se faciliter la tâche pour la suite de ses travaux. « Je veux écrire un livre photo sur ce que j’appelle le village enchanté de Meke… Je suis photographe mais je ne peux pas me déplacer tout le temps pour aller faire ces photos dans mon village, ainsi qu’avoir les acteurs. Qu’est-ce que je fais ? Je fabrique tout ceci ». Explique Darius Dada.

Pour ce qui est de la petite histoire derrière le « village enchanté de Meke », Darius Dada de son pseudo a opté pour l’installation au lieu du film proprement dit dans un premier temps dans le but de lui donner du contenu, compte tenu du fait que le film n’a pas été réalisé dans les délais souhaités. D’où l’installation du « village enchanté de Meke » comme volet du projet « Twenty-Ten ». Ainsi dans ce montage artistique, le photographe raconte l’histoire d’un petit garçon nommé Meke qui profite tout le temps de l’inattention de sa génitrice pour aller jouer au football. N’en pouvant plus des fugues répétées de son fils, la maman abandonne la marmite qu’elle avait posée au feu pour se lancer à la recherche de ce dernier sous un air très furieux. « Mais attends tu ne peux pas être en train de fuir tes tâches ménagères simplement parce que tu vas jouer au football ». Raconte Darius Dada pendant la présentation au public.

En plus de l’aspect esthétique, Darius Dada a voulu à travers cette présentation faire profiter au public la beauté sonore de ce village, notamment via une expérience sonore individuelle qu’il a qualifiée « de son du jour et de la nuit ». Le public devra à cet effet se munir d’un casque mis à disposition exprès par l’artiste afin de vivre cette expérience. « Ces sons c’est les sons d’un village et vous allez être en train de reconnaître des bruits que vous avez entendus quand vous étiez plus jeunes ou d’il y a quelques jours ou que vous entendez sûrement lorsque vous entrez dans un village bantou… Tous ces petits bruits-là vont vous permettre de reconstituer le contenu humain de ce village ». Explique Darius Dada à l’assistance qui l’écoute attentivement.

Le matériel étant insuffisant pour servir tout le monde présent ce jour-là, le photographe les a exhorté à revenir plus tard afin de profiter de cette expérience.

A la suite de cette exposition, il est prévu la sortie officielle dudit roman-photo, qui lui est une partie d’un livre photographique sur le football au Cameroun en Mai 2019.

Et en ce qui concerne le projet «Twenty-Ten»,  c’est à la base un film d’animation qui raconte l’histoire d’un village africain qui vit avec effervescence la finale d’une compétition continentale de football. Ce projet de film d’animation est inspiré du vécu de son auteur dans son village Bagoboung. Rédigé en 2009, il a été présenté pour la première fois au Festival Ecrans Noirs 2011 sous sa forme scénarisée puis au Festival International du Film d’Animation d’Annecy deux ans plus tard. C’est finalement en 2017 lors de l’événement « The Movement Africa » que Darius Dada a présenté pour la première fois les premiers développements picturaux de l’installation du « village enchanté de Meke ».

Prémices de cette installation à l’exposition The Movement Africa en 2017/ Kulture Master (c)

A propos de l’artiste

Né le 29 Décembre 1984 à Abong-Mbang, Soung Meke Louis Darius fait ses débuts dans le monde de l’art dès l’adolescence où il apprend la peinture aux côtés du plasticien Emati jusqu’au jour où son père lui offre un appareil photo numérique. C’est ainsi qu’il se découvre une passion, celle de la prise des photos. Amateur, il va commencer par effectuer des reportages pour diverses cérémonies et en 2004, Darius Dada va débuter comme photographe à Univers 7 Média.

Entre 2007 et 2015, il va suivre de nombreuses formations dans plusieurs écoles, notamment le Centre de Formation Professionnelle de l’Audiovisuelle (devenu IFCPA), l’Institut IMAGINE de Ouagadougou, la SAE Institute de Cape Town et l’université de Yaoundé I où il est sorti nanti d’un master en production cinématographique et audiovisuelle.

Lire aussi “Appel à soumission pour l’exposition photo Gorée- Regards sur cours”

C’est après l’obtention de son diplôme à l’université de Yaoundé que Darius Meke s’est véritablement lancé dans une carrière artistique. Il a commencé par travailler dans le cinéma en tant que directeur de la photographie, acteur et scénariste. En 2017, soit trois ans après l’obtention de son premier prix en photographie, l’artiste visuel devenu Darius Dada, réalise sa première exposition photographique « Lions Indomptables : ferment de l’unité nationale ».

Egalement passionné de dessins animés, Soung Meke Louis Darius va utiliser ce couloir pour véhiculer ses messages artistiques, ce qui va aboutir à l’écriture de la BD « Android Night » sortie en début d’année et dont il a signé la coréalisation avec l’illustrateur Cedric Minlo.

Aujourd’hui, Darius Dada est un artiste à temps plein après avoir également flirté avec l’enseignement à l’Institut des beaux-arts de Nkongsamba, dans la région du Littoral-Cameroun.

 

Colbie MEDJOM (c)

 

Like and share if you liked!
You cannot copy content of this page