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Andy Jemea : « La gloire & le succès sont une spirale dans laquelle garder les pieds sur terre est quasiment impossible»

En 2012, Andy Jemea nous a fait danser sur sa belle balade Makossa intitulée «Maggie». Chanson qui a fait le tour du pays et même du globe, et qui à cette époque était l’une des chansons camerounaises les plus écoutées. Cinq années se sont écoulées depuis lors. Qu’est-il devenu? Où en est sa carrière musicale? Entretien.

Andy Jemea/DR

Le public sait très peu de choses à votre sujet, encore moins de votre actualité. Que devient véritablement Andy Jemea après la sortie de Maggie?

Andy Jemea est principalement occupé par le projet du collectif ADNA qui requiert beaucoup d’attention. Vous savez, la musique, on en fait d’abord par plaisir, parce que c’est une passion, ensuite et surtout parce qu’on souhaite partager cet amour avec le public. Véhiculer des messages accompagnés de mélodies des plus agréables pour séduire ceux qui nous encouragent demande bien plus de temps et d’énergie qu’on se l’imagine. Sinon en dehors ça, Andy est beat-maker à ses heures libres.

De façon globale, on sait très peu de choses de vous et surtout de vos débuts. On vous a plusieurs fois vu jouer dans des courts métrages. Comment vous retrouvez vous propulsé dans le monde de la musique? Et quelle relation entretenez-vous avec celui du cinéma ?

Andy Jemea, à la base, est un jeune musicien camerounais, ensuite un chanteur, arrangeur et  beat-maker. C’est la musique avant le cinéma. Sauf que, vous allez probablement trouver cela fou et ça l’est. Mais, quand m’est venue l’idée de sortir “Maggie”, je voulais juste attirer l’attention des mélomanes de mon quartier et pas en faire ma carrière. Je ne m’étais pas projeté dans un avenir en tant qu’artiste sur le long terme. Du moins, c’était quelque chose d’improbable. C’était plus comme un “défi” de rien du tout. Je ne savais pas que cela prendrait une telle ampleur par la suite. Je découvre mes talents d’acteur comme tout le monde devant le petit écran quand l’aîné Ezaboto fait appel à moi pour un de ses cours métrages. Sinon, le cinéma ne représente pas grand chose, voir rien dans la vie d’Andy Jemea l’artiste musicien.

Vous vous faites véritablement connaître avec le single Maggie qui reste un des plus gros succès de ces dernières années dans la musique camerounaise. Pouvez-vous nous en raconter l’histoire? Comment avez-vous accueilli et vécu ce succès?

Maggie, de petite chanson du quartier, à une chanson aujourd’hui aux 4 coins du globe. En faisant l’album “JEMEA”, dans lequel figure la chanson culte “Maggie”, je l’ai dit dans la question précédente, je voulais juste intéresser les mélomanes de mon quartier. Je n’avais absolument rien, mais alors rien calculé et voilà! La chanson m’impose un autre rythme. Heureusement pour moi,  j’ai la grâce d’avoir des parents qui sont du métier, ils ont su me guider. Par ailleurs, je m’en sors sans trop de bobos car disons-le, la gloire et le succès sont une spirale dans laquelle garder les pieds sur terre est quasiment impossible…

Après Maggie on a observé chez vous comme une période de disette pendant laquelle on vous a moins vu. Est-ce une volonté pour vous de vous faire désirer ou tout simplement on entend parler de vous uniquement lorsque vous avez une actualité ?

Vous savez, le charme de ce métier repose sur le fait de savoir et accepter véritablement qui on est. L’envie, le désir et le devoir de proposer au public à chaque fois, quelque chose de plus alléchant que le projet précédent, nécessite de prendre son temps, indépendamment des circonstances. C’est vrai, chez certains et même de plus en plus, c’est quelque chose de fluide, ça passe crème et sans trop tarder. Pour d’autres, ça demande du temps. Ça dépend vraiment…

Vous êtes très peu présent sur les grandes scènes musicales camerounaises. Pourquoi ?

Ça dépend de ce que vous qualifiez de “grandes scènes”. J’ai grandement défendu mon art devant des centaines et des milliers de personnes. Pour ne citer quelques exemples, j’ai fait le tour du Cameroun aux côtés de la diva Charlotte Dipanda, j’ai été sur la scène du FOMARIC, Yafé etc… Aujourd’hui avec ADNA, il y’a des belles choses actuellement en cours de téléchargement. So wait and see!

Parlons du projet ADNA, aux côtés de Roger, Final D et Armand Biyag. C’est quoi ADNA? Que représente pour vous le fait qu’on ait pensé à vous pour ce projet ?

Si je vous le dit en détail, ce ne sera plus une surprise. Mais sachez que ADNA nous rappellera que: le Cameroun est UN et indivisible, que les artistes n’ont qu’une seule voix, que travailler sera toujours le chemin qui mène à l’excellence et qu’ensemble nous sommes plus forts.

Lire aussi l’interview avec le musicien Aladji Toure rencontré pendant la RECAN 2019 à Yaoundé

Entendrons-nous encore parler de ce projet dans les mois et années à venir ? Ou cela restera simplement un coup d’essai ?

Un coup de maître, un projet qui transcendera le temps. L’union, la réconciliation, la paix, l’amour, le pardon et l’harmonie sont les grandes lignes de ce projet… Dans 10 ans ou 1000 ans, nous ferons face aux mêmes problèmes et dans ce même nombre d’années, les chansons d’ADNA resteront des berceuses, des recueils, des repères etc…

Que nous réservez-vous pour les mois à venir ?

Dans les mois à venir, je promets de la constance à mon auditoire… Il pourra écouter mon silence! (Rires)

Qu’est-ce que ça vous fait d’être reconnu comme étant l’une des plus belles voix de la chanson au Cameroun ?

La voix, c’est Dieu qui l’accorde à un individu. Son maniement, c’est le travail qui l’accorde. Ses vibrations, c’est la sensibilité qui l’accorde. Comparer les voix n’est donc pas envisageable. Leur sensibilité peut être, oui… Bercer et nourrir les âmes en passant par les oreilles est la mission que je me suis donné. Merci pour la reconnaissance!

                                                                                              Interview réalisée par CKoment Magazine

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La rédaction

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