A mi-parcours de l’année 2018, le cinéma camerounais ne cesse de s’enrichir de nouveaux talents  qui n’ont qu’une seule envie : contribuer à l’essor du 7e art et dans la mesure du possible constituer la relève tant espérée pour le futur de cette industrie au pays de Dikongue Pipa. Parmi ces nouveaux visages de cinéastes, l’on retrouve Alphonse Ntep, qui, à 22 ans voit déjà son nom évoqué dans de nombreux échanges liés au cinéma.

Son histoire avec le cinéma commence un an plus tôt quand Alphonse Magloire Ntep Ntep va s’inscrire à l’Institut Spécialisé de Formation aux Métiers du Cinéma et de l’Audiovisuel (ISCAC) pour suivre une la formation en écriture du scénario. Là-bas, il est suivi par le scénariste marocain Mohamed Arious qui lui offrira une formation rigoureuse mais aussi enrichissante et dont Alphonse Ntep se vante aujourd’hui. Au cours de la même année, ce diplômé en géographie de l’université de Yaoundé I va une nouvelle fois se mettre à l’école du savoir en s’inscrivant à l’atelier « réalisation de cinéma » organisé dans le cadre du festival International du 1er Film YAHRA et cette fois sous l’encadrement du scénariste,  producteur et réalisateur camerounais, Serge Alain Noa.

Entre plusieurs autres expériences telles que sa formation à distance en scénario avec Robert Lombaerts de la Belgique, son poste de premier assistant-réalisateur sur le plateau du film «Nyangono» de Jean Marc Anda et la résidence en écriture scénaristique au Festival International du Film de Femmes de Salé au Maroc, Alphonse Ntep fini par mettre sur pied son propre projet en au début de cette année. En effet, il co-écrit, produit et réalise le film court métrage « Surprise » dont la première diffusion a lieu lors de la Journée du Jeune Cinéaste en Février dernier.

Le film « Surprise » co-écrit avec Armand Nguidjol est une mise en scène de l’histoire d’Andre Essama, un jeune homme de 21 ans issu d’une famille aisée qui vient d’être retenu pour un atelier de formation en mise en scène. Le premier jour, alors qu’il doit se rendre au cours, André fait escale dans un bosquet et se prête à un jeu de hasard avec pour intention de multiplier son capital. Malheureusement les choses ne se passeront pas comme prévu et il va être dépouillé de tout ce qu’il possède jusqu’aux chaussures. Arrivé en retard, André va être surpris de constater que son encadreur à cet atelier n’est autre que son père. Pendant 6 minutes, les cinéphiles vont être amenés à se poser de multiples questions face au comportement du personnage principal incarné ici par Jean Ngan.

Une fois le film sorti, c’est le début d’un périple sans fin puisqu’il va être nominé dans plusieurs festivals de cinéma tant locaux qu’internationaux. On peut citer entre autre sa toute première sélection au 5e First Short dans la catégorie « Espoir » en Avril dernier, le Festival Itinérant du Cinéma du Sud au Cameroun. Et pour ce qui est des nominations à l’étranger, il a été sélectionné dans 5 festivals de films parmi lesquels le Festival de Cinéma de Taverny (France) en Juin où il a reçu le prix «coup de cœur des internautes» dans la catégorie «Ado/adultes professionnels », le 15e Festival International du Film Ecole (FESTIMAJ- France) et le plus récent le Festival International du Cinéma et Migration d’Agadir (Maroc). Une situation qui enchante et motive davantage le cinéaste qui ne cache pas sa joie après les 10 sélections de « Surprise » 8 mois seulement après sa sortie. « Cela me donne la force et le courage de continuer sur ce chemin qui paraît très long mais pétri de belles surprises ». Confie-t-il.

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Tandis que le film fait son bout de chemin, son réalisateur continue de son côté sa quête vers la connaissance en s’abreuvant auprès des grands tels que le célèbre réalisateur camerounais Bassek Ba Kobhio, également fondateur de l’association Ecrans Noirs où Alphonse Ntep a effectué stage professionnel en Mars et Septembre de cette année. Au même moment, le jeune réalisateur en a profité pour se consacrer à un nouveau projet cinématographique, à savoir la réalisation d’un film documentaire «Black Screens, The Reverse» dont le tournage s’est récemment achevé et qui certainement verra le jour dans un futur proche. Ce documentaire tourné au Cameroun et en Belgique est une idée originale de Carole Djoukam avec qui il a partagé l’écriture du scénario.

Par ailleurs, Alphonse Ntep s’est essayé à une nouvelle pratique artistique qu’est l’écriture littéraire qui s’est soldée par la parution de son tout premier ouvrage Kengba. Paru aux éditions de La Douzième Vague (France) le 22 Août dernier, Kengba est un livre-scénario version ebook dans lequel le nouvel auteur se positionne contre toute forme d’esclavage qui malheureusement n’a toujours pas perdu ses traces sur le continent africain. Le livre relate l’histoire de Kengba, un jeune garçon originaire de la République Centrafricaine, qui, traqué par l’horreur de la guerre civile dans son pays, fini par trouver un abri dans un camp pour réfugiés à Gado à l’Est du Cameroun. Pour pouvoir regagner sa patrie, Kengba va se lancer dans des pratiques peu orthodoxes telles la vente de la drogue et bien d’autres choses. Va-t-il réussir ? C’est cette réponse que l’auteur nous invite à découvrir dans sa nouvelle Kengba.

La post-production du documentaire «Black Screens, The Reverse» en cours, le réalisateur-auteur prévoit la dédicace de son livre au courant de l’année 2019 au Cameroun. Et parmi ses nombreuses autres aspirations, l’on peut évoquer la préparation d’un nouveau court métrage dont le scénario sera co-écrit avec la marocaine Atika Essahel dès le mois prochain et une possible adaptation de son livre Kengba au cinéma dans les mois à venir.

Etant une plateforme qui promeut les jeunes talents camerounais, nous ne pouvons que lui souhaiter bon vent dans sa carrière.

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