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« Hadja Binta », un roman qui lève le voile sur la femme sahélienne

Le 26 octobre dernier a eu lieu à l’institut Français de Yaoundé, la dédicace de l’œuvre romanesque « Hadja Binta » de l’écrivain et ingénieur Badiadji Horretowdo. Ce livre paru aux éditions Proximité 2019 a pour message principal l’impact du changement social sur la société camerounaise à travers  l’histoire d’une femme en quête de mariage. 

 

L’ouvrage qui a été présenté au cours d’une cérémonie de dédicace n’a laissé personne indifférent d’autant plus qu’il a suscité des nombreux débats, ce qui a permis le long moment d’échanges au sujet des conditions de la femme sahélienne dans son ménage et son rôle dans la société.

Cette œuvre « nous enseigne énormément sur les différents couleurs que l’auteur a fait valoir,  c’est le cas du vert et du bleu qui représentent la paix comme étant une plante fétiche utilisée par des familles africaines. Ceci dit : quand le bébé est malade on lui soigne sur la base de la plante verte, quand l’orage et la tempête sont passés et bien le firmament est bleu, donc le bleu et le vert représentent la même couleur chez les habitants.  En ouvrant ce chef-d’œuvre on dirait à priori qu’il s’agit du livre de la grande sérénité de la grande quiétude. Le rouge, toujours dans la catégorie de la forêt, c’est la couleur de la vie, de l’effort du travail.  On travaille certes dans cette œuvre mais pas toujours en sérénité de cette grande plénitude, l’auteur qui est à la fois, le relecteur, le descripteur, le décodeur et l’herméneute ». Description du livre faite par le modérateur du jour François Bingono Bingono dans ses propos liminaires.

Cécile Dolissane Ebosse, par ailleurs l’auteur de la préface du roman s’exprime ouvertement sur les raisons qui l’ont motivé à le faire. « Ce roman parle des femmes décrites par un homme,  détail très important pour l’écriture féminine, puisqu’il y en a un paradoxe. On ne sait pas s’il est féministe ou s’il fait de l’écriture féminine de la lumière qui disait que ce n’est pas parce qu’on est une femme qu’on doit écrire pour les féministes » a-t-elle expliqué.

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Le professeur de littérature  et de civilisations Africaines a par la suite présenté succinctement le livre en retraçant l’itinéraire de Binta, l’héroïne dont l’histoire fictionnelle, certes, laisse aux lecteurs deux sentiments ambivalents, à savoir la transgression des mœurs, des uses et coutumes.  Dans ce roman de 265 pages subdivisé en 12 chapitres  « Badiadji évoque la prostitution  qui est un sujet tabou dans la société pudique du sahel où on parle de la culture musulmane comme étant rigide et puritaine ». A-t-elle laissé entendre.

En somme, l’ouvrage de Badiadji Horretowdo décrit les mœurs, les intrigues, les rivalités des courbe sauts d’une société dans laquelle les femmes sont marginalisées et exploitées par des institutions patriarcales où règne la polygamie et la manipulation de la tradition et de la religion par des catégories vulnérables sans formation et sous-scolarisées.  L’auteur à travers ses écrits montre la ferveur superficielle qu’est la beauté physique, la superficialité de culte des apparences et là il part de l’esclavage du corps vers l’esclavage sexuelle pour dire qu’effectivement  à la page 31 d’après ses propos : « sans la femme la vie perdrait le sens même de sa raison d’être de sorte qu’elle ne saurait être vécue autrement car au-delà de la problématique évidente de procréation à régler, il y a la question de suivi de l’espèce qui ne voudrait guère l’exaltation de nos puissances et prestiges… ».

Le débat a sans aucun doute convainc plus d’un dans la salle, ce qui permis à Badiadji Horretowdo d’écouler une quantité importante d’exemplaires pendant la séance de dédicace. Il y a plus aucun doute, la littérature camerounaise vient de s’enrichir d’un nouveau chef-d’œuvre.

Gaelle KONLACK, stagiaire

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La rédaction

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