Derrière toute production au cinéma se cache un élément indispensable ou encore majeur qui fait tourner le moteur. Dans la production d’un livre par exemple, l’auteur est le créateur et propriétaire des idées, sans lui le livre ne serait pas. C’est pareil pour un scénariste dans une production cinématographique, sans qui, le film n’existerait pas.

Ecriture du scénario (illustration)/ DR

Le scénario traduit tout simplement la création d’un film par écrit, tout en relevant les différents faits sociaux qui font l’unanimité de nos jours ou encore en s’inspirant des histoires basées sur l’irréel ou simplement la fiction. Cela, dit il est judicieux de noter que le scénariste invente des récits, des histoires de toutes sortes à la demande du producteur. Il met en exergue l’expression du génie entrant dans une création approfondie, et ne se limite pas à créer une histoire, mais réfléchit sur l’organisation des dialogues, le décor, les acteurs et leur accoutrement et même la personnalité des personnages.

Ce métier n’est pas encore reconnu et mis en valeur comme il se doit au Cameroun, et dans certains pays africains. Par contre, ses œuvres sont belles et biens connues de tous. En effet, le scénariste suscite des sentiments de toutes sortes dans le cœur des téléspectateurs, notamment la joie, la colère, la tristesse, la compassion etc… Ce n’est donc pas un métier à négliger ou exercé par ‘’qui veut’’. Celui qui n’a donc pas d’amour pour ce domaine ne peut être capable de mener cette tâche avec fierté, engouement et passion, car pour devenir scénariste il faut persévérer et se former afin d’être professionnel.

En effet, comme le raconte le scénariste camerounais Erve Kenmogne, « tout au long de ces dernières années, les passionnés du métier de scénariste se formaient par le biais des petites formations qu’organisaient soit les étrangers soit les anciens dans ce domaine’’. Ce n’était donc pas du tout évident de se former avec l’absence des écoles et centres spécialisés dans ce domaine, mais fort heureusement, on assiste à une révolution de l’industrie cinématographique, avec la création des écoles de formation telles que l’Institut des beaux-arts de Nkongsamba, Foumban ensuite Yaoundé, et ISCAC (Institut Supérieur de Formation aux métiers du cinéma et de l’audiovisuel), et même des associations et des ateliers qui ont remarquablement produit plusieurs scénaristes professionnels.

A présent les choses sont devenues un peu plus simples dans la mesure où, pour acquérir des connaissances et autres méthode en écriture du scénario, il suffit de suivre une formation professionnelle dans l’une des institutions mentionnées plus haut. L’avènement du cinéma a ouvert plusieurs portes dans le monde médiatique. Ces nouveaux films rédigés par ces scénaristes professionnels peuvent à présent passer sur des chaines reconnues notamment Nollywood, A+, TV5 Monde.

Etre passionné par le métier de scénariste, c’est bien mais toujours est-il qu’il faut avoir les qualités requises pour cela. ‘’Un bon scénariste doit avoir pour activité de base la lecture et surtout être curieux’’ tel est l’avis d’Erve Kenmongne. La scénariste Sandrine Ngueffo quant à elle pense que ‘’ les qualités requises pour le métier de scénariste sont tout simplement, la passion, la patience, la volonté et enfin l’amour’’. D’un point de vue général, le scénariste c’est quelqu’un qui déborde d’imagination et qui a l’habilité de représenter le produit de son imagination sur écrit avec tous les détails. Il est avant tout un bon communicateur et surtout quelqu’un de très cultivé et futé. Il est entre-autre doté d’excellentes capacités rédactionnelles.

L’écriture télévisuelle ou cinématographique a ses règles. D’après Sandrine Ngueffo, ‘’les scénaristes sont appelés à rédiger des scenarios de musiques, de bandes dessinés, de films, des séries télévisées, ou toute autre vidéo.’’ Le scénario peut être soit un court ou long métrage, soit un feuilleton soit une série. Les feuilletons, les courts et long métrages sont visiblement plus faciles car ils développent un seul thème et les personnages restent pratiquement les même tout au long du tournage même si le décor peut souvent changer.

En occurrence, la série demande beaucoup d’inspiration car elle relève de plusieurs thèmes. S’il s’agit de soixante (60) épisodes par exemple, il faudra développer soixante (60) différents thèmes. Et plus souvent, les personnages, les décors, changent. Ce n’est donc pas une tâche facile surtout quand on manque d’inspiration et de créativité.

Nombreux sont ceux qui aimeraient se lancer dans ce métier car de leur point de vue, ça semble être un jeu d’enfant et à la portée de tous, toutes fois, ils ignorent la valeur de cette profession qui nécessite ‘’l’amour du septième art’’. Les jeunes qui aiment ce métier doivent s’impliquer dans les activités cinématographiques car de nos jours nombreux sont ces ateliers et associations qui valorisent le cinéma au Cameroun.

Sandrine Ngueffo précise que ‘’il y’a beaucoup de producteurs au Cameroun qui ne comprennent pas que le scenario est la clé d’un film, ils encouragent l’improvisation et à la fin le film n’est pas intéressant et puis tout le monde critique négativement’’. En effet c’est une triste réalité car certains producteurs par manque de moyens ou par ignorance ne sont pas disposés à commander des scénarios, ils s’inspirent des histoires romanesques qui ont été lu dans des livres et les adaptent à leur tournage, alors que le scénario existe pour guider le réalisateur. La production cinématographique est avant tout un travail d’équipe, chaque membre a sa place. Le scénariste par exemple est quelqu’un qui aime le travail d’équipe, surtout quand il s’agit d’une série télévisée, qui nécessite beaucoup d’idées.  Il faut un maximum de collaboration afin de produire un travail remarquable.

Cependant, la plupart des métiers qui résultent de la production cinématographique ne sont pas reconnus par le gouvernement Camerounais. Le métier de scénariste par exemple, reste encore à prouver au pays. De plus, le scénariste n’a pas de salaire fixe ; il doit normalement obtenir des droits d’auteur en guise de rémunération. Mais malheureusement, il ne peut pas en bénéficier car il n’existe pas des sociétés de droits d’auteurs qui fonctionnent vraiment au Cameroun.

Ces auteurs des scénarios se voient donc contraints de faire avec ce que réalisateurs et producteurs leur donnent. En contrepartie, ils doivent passer par plusieurs épreuves quitte à servir la demande. Ce phénomène entraînant un autre, amène de plus en plus les scénaristes camerounais à s’autogérer et c’est ainsi qu’on retrouve des scénaristes à la fois réalisateurs de films. Toutefois, les producteurs ne sont pas totalement à blâmer car eux aussi font de grosses dépenses dans la production d’un film, ce qui affecte le salaire de tous les employés. A en croire les scénaristes que nous avons approchés, ceux qui aimeraient se lancer dans l’écriture du scénario devraient être armés de courage et faire preuve de volonté et de passion.

Malgré la situation que rencontrent les scénaristes au Cameroun, ils restent la tête haute et ne se découragent pas. Ils continuent d’exercer leur métier aussi bien qu’ils peuvent car ils espèrent une réponse favorable du gouvernement à leur égard. Ces derniers souhaitent que le gouvernement mette sur pied un secteur pour les droits d’auteur pour rendre à tous les auteurs les fruits de leur travail. Tout ceci dans le but de faire valoir le métier de scénariste aux yeux de tout le monde. De plus, ils encouragent l’Etat dans la création de plus de centres de formation cinématographiques afin de donner l’opportunité à la génération avenir de propulser le cinéma camerounais dans tout le monde entier.

 

Solange Esther NGONO, stagiaire 

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