Pour cette semaine, allons à la découverte d’un groupe de danse assez particulier car constitué essentiellement des femmes et qui ne cesse de se faire remarquer à travers ses diverses performances tant en solo qu’aux côtés des artistes chanteurs du terroir. Il s’agit des Swagga Lions, un groupe camerounais qui a décidé de s’exprimer à travers l’art de la scène qu’est la danse.

Ce groupe est né en Juillet 2016 sous l’impulsion de Dobelle Afubu (Swagga Karisma), au cours d’une compétition de danse qui se tenait à la Sanza night-club et dont le but était de rassembler les meilleures danseuses de la capitale pour faire… La compétition prendra malheureusement fin après que le groupe ai obtenu 7 victoires face plusieurs groupes masculins. Après concertation, les compétitrices ont décidé de continuer leur aventure en tant que groupe et c’est ainsi que les Swagga Lions sont officiellement nées avec au départ 7 membres, à savoir Swagga Mysterious, Swagga Chicorée, Swagga Latifa, Swagga Al, Swagga Spirit et Swagga Killer. L’équipe coachée par The Monster Lion subit un coup dur et se sépare de deux de ses membres puisque Swagga Killer et Swagga Al vont quitter le navire ; mais leur détermination à aller de l’avant va les amener à ouvrir les portes à de nouvelles recrues, notamment Swagga Nancy, Swagga Carelle et Swagga Zatana.

Les filles après cette nouvelle étape vont se remettre au travail et grâce au talent et aux efforts, elles vont  recevoir le prix du meilleur groupe de danse féminin à l’événement annuel Yaoundé en Fête (YAFE) édition 2016.

Pareillement, les Swagga Lions vont commencer à faire l’objet de nombreuses convoitises particulièrement auprès des artistes chanteurs avec qui elles vont enchaîner les collaborations. Cependant, la capitaine et fondatrice du groupe, Swagga Karisma confie qu’elles évoluent à leur compte et ne dansent pour aucun artiste musicien/ chanteur local, mais préfèrent collaborer de manière temporaire avec ces derniers. Et parmi ceux-ci le groupe mythique X-Maleya dans les clips « bouge », « mon ex » ; Dynastie le Tigre dans « Fermez vos bouches » ; Lady Ponce ; Richard Amougou ; les rappeurs Francko dans « téléphone » ; Minks dans « le gars-là est laid » et Stanley Enow avec qui les Swagga Lions ont travaillé sur de nombreuses scènes à Douala et Yaoundé. D’ailleurs, l’un des plus beaux moments du groupe reste la collaboration avec ce dernier sur la scène du Festival des Arts et de la Culture (FENAC) 2016 à Yaoundé.

Les Swagga Lions n’ont qu’un seul vœu : celui de redorer le blason de l’art de la danse camerounais qui d’après la fondatrice du groupe « n’est pas trop pris en considération parce que les danseurs ne se valorisent pas ». Elle poursuit en indiquant que le danseur est un artiste au même titre que le chanteur et le musicien, ce qui soulève à nouveau le problème de la non-valorisation de certains arts au détriment des autres. Pour Karisma, le danseur est celui qui donne plus de couleur au spectacle d’où le besoin de sa présence sur une scène.

En tant que groupe de danse uniquement féminin, les Swagga Lions doivent souvent passer par des périodes difficiles pendant l’exercice de leur passion, surtout lorsque la société les regarde autrement que les danseuses qu’elles sont. « En général la danseuse est méprisée et regardée de bas comme une moins que rien ». Raconte Swagga Karisma. Puis elle rassure en disant « Mais nous grâce à notre charisme, nous combattons ça et réussissons à donner une image forte, impressionnante et positive ».

Toutefois, l’univers de la danse au Cameroun tel qu’observé par le groupe, est miné par la division et un manque de solidarité entre les danseurs, ce qui d’une certaine façon ralenti le processus de l’expansion de la danse au Cameroun. Parmi ces aspects qui ne donnent une image claire de la danse, les filles décrient le fait que les danseurs camerounais s’intéressent de plus en plus à la culture occidentale et conséquence ne savent pas exécuter les pas de danses aux rythme du terroir. « Nous devons mettre en valeur nos danses, notre culture et même nos musiques ». Souhait exprimé par Swagga Karisma.

Chemin faisant, le quatuor  s’est récemment produit dans la cité politique lors de la première exposition photo du photographe Joseph Foe Fouda, baptisée « Merci mama » le 3 Mars 2018. A côté, les Swagga Lions ont mis sur pied une initiative dont le but premier est la vulgarisation de la danse, ainsi que la promotion des nouveaux talents, « Swagga Dance Party ». C’est un événement au cours duquel danseurs, chanteurs, humoriste, etc. ont la possibilité de se faire connaître à travers leurs talents. La dernière édition en date est celle du 8 Mars 2018 tenue à l’occasion de la Journée Internationale de la Femme sous le thème « Femmes artistes ». Les filles cependant promettent le retour de « Swagga Dance Party » dans les jours à venir.

En plus de faire montre de leur talent, ce groupe a pour ambition de contribuer à leur niveau pour une vulgarisation effective de la danse au Cameroun, ceci en créant une école de danse où amateurs et passionnés de danse pourront venir s’exprimer et en mettant en place un espace d’apprentissage de la zumba pour tous ceux désireux d’apprendre ou qu’ils veulent garder la forme.

Cette année, les Swagga Lions, dont le nom a été inspiré de leur charisme vestimentaire et leur présence scénique assez énergétique, fêtera ses deux ans et pour l’occasion promettent une suite époustouflante pour leur public. Leur capacité à faire dans tous les genres de danse va certainement les conduire à davantage se distinguer auprès des fans de danse au Cameroun et même à l’extérieur étant donné qu’elles ont pour rêve de se produire sur une scène internationale.

 

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