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Myname à propos d’Ecran Slam: « Nous voulons par nos écrans véhiculer des messages de paix et d’unité… »

L’histoire retiendra qu’il est le premier artiste slameur à avoir amené le vert-rouge-jaune camerounais à la Coupe d’Afrique de Slam-Poésie. Elle retiendra également qu’il fait partie de ces nombreux jeunes qui ont décidé d’apporter leur contribution pour le rayonnement du slam au Cameroun et au-delà des frontières. Lui c’est Myname, un artiste et promoteur culturel avec qui nous avons récemment eu un échange sur son nouveau projet le festival « Ecran Slam » qui va se dérouler du 19 au 21 septembre 2019.

Conférence de presse de lancement du festival Ecran Slam le 9 août 2019 à Yaoundé

Parlez-nous de votre concept « Ecran Slam ».

Le festival international Ecran Slam est une plateforme originale de communion et de mise en synergie des efforts et des messages des adeptes d’arts oratoires engagés pour la Paix et le vivre-ensemble en Afrique. Il vise à transcender les barrières, les frontières pour réunir au-delà des considérations liées aux personnes (leur religion, leur âge, leur tradition…), nos messages artistiquement véhiculés, qui nous rappellent que nous recherchons tous un même objectif, nous nous ressemblons dans toutes nos quêtes, nos combats pour le bien-être et la prospérité, notre besoin de pérenniser nos initiatives et nos projets…

Qu’est-ce qui vous a réellement motivé à lancer un concept pareil sachant qu’il y a déjà d’autres plateformes qui célèbrent le slam au Cameroun ?

Il ne s’agit pas de célébrer le Slam mais plutôt de promouvoir par le Slam, les arts oratoires et même de la scène en général la Paix, le dialogue entre les peuples que nous voulons interculturel, intergénérationnel et même interreligieux.

Le Nom du festival « Ecran Slam » est plus lié au point de vue d’ « Accord Parfait » qui croit que le Slam se retrouve dans tout ce que nous faisons puisque : se définissant comme une forme d’écriture ou de poésie libre, toutes les sciences, les arts, les connaissances se transmettent par cette liberté de philosopher, de recherche libre de la vérité qui par la suite peut être,  réglementé ou non! A la base l’écriture libre ou le slam est en tout même si tout n’est pas dans le Slam (rires).

« Ecran slam » parce que ce potentiel fort de communication (L’écran télé ou téléphone), instrumentalisé par plusieurs pour agiter et semer fake news, images, infos, discours de haine et autres  poussant les populations à des replis identitaires, des radicalisations, des stigmatisations, des discriminations, nous voulons l’orienter vers un message plus noble, plus utile, constructif ; nous voulons par nos écrans véhiculer des messages de paix et d’unité en rappelant aux Hommes, comme le dit le slogan de l’événement, que « l’histoire raconte que nous sommes tous frères ».

Le thème de cette édition inaugurale est « Paix et vivre-ensemble pour un monde prospère et l’atteinte des ODD ». Quel rapport y a-t-il entre le slam que vous promouvez à travers ce festival et les ODD ?

Alors, une fois que notre objectif réel est connu, la question du lien entre la Paix et l’atteinte des ODD ne se pose pas ! Il n’y a ni objectif atteignable, ni développement possible et encore moins durable, sans la paix et les efforts en synergie d’une population qui travaille ensemble ! Le Slam a fait ses preuves d’outil de communication et de sensibilisation efficace auprès de la jeunesse et des ainés ; c’est pour cela que, pour parler de la paix, nous le ferons désormais par ce festival avec ce nouveau langage qui facilite les échanges intergénérationnels.

Nous sommes rendus à pratiquement une semaine de l’événement. Comment évoluent les préparatifs ?

Ils vont bon train. Les différents espaces pour les activités sont acquis, il s’agira de la salle de conférence de la commission Nationale de l’UNESCO et de la Place de la réunification. Les partenaires (UNESCO, MINJEC, CNJC…) sont bel et bien impliqués et engagés dans les préparatifs… Le programme des activités est arrêté et sera publié d’ici quelques heures. Les ambassadeurs de la paix de toute l’Afrique nous font parvenir leurs œuvres artistiques.

Parlant des activités, quelles sont les articulations qui meubleront le festival Ecran Slam cette année ?

  • Un Atelier Slam le 19 septembre,
  • Un séminaire en animation Power Point sur la lutte contre la discrimination, les discours de haine et l’hygiène des réseaux sociaux,
  • Une marche pour la paix organisée par l’UNESCO,
  • Les séances de projections cinéslamographiques pour la paix qui sont des projections vidéos en mode cinéma des œuvres artistiques pour la paix que nos Ambassadeurs nous font parvenir ; se sont pour la plus part des champions de slam des différents pays partenaires mais aussi des humoristes, des gens du théâtre.

L’événement comme l’indique son appellation a une portée internationale, ce qui veut dire qu’il connaîtra la présence des invités étrangers. Peut-on avoir leurs différents profils ?

Alors nous l’évoquions déjà tantôt ; nos ambassadeurs sont des champions nationaux de slam de toute l’Afrique  pour la plus part aillant participé à la Coupe d’Afrique de Slam-Poésie. Mais nous avons aussi des artistes professionnels d’autres formes d’art et des talents découverts lors de l’appel à projets artistiques qui seront aussi découverts par le public pendant le festival.

Pour l’heure 12 pays africains sont déjà de la partie quoique, cette édition inaugurale qui vise plus à montrer aux différents partenaires la nécessité d’une telle entreprise, et à nos dirigeant le bien-fondé de l’initiative se limitera aux projections des œuvres de nos artistes à l’ECRAN qui feront le déplacement à l’édition de 2020 en délégation de 2 à 5 artistes par pays.

Quelle est la portée sur le long terme que vous souhaitez pour ce projet ?

Dans le long terme nous souhaitons que ce projet soit l’activité de la Journée internationale de la paix qui réunira toute l’Afrique dans l’Afrique en miniature chaque année pour nous rappeler nos liens de fraternité que des frontières artificielles veulent effacer. Dans le but de résorber les crises identitaires, la xénophobie telle qu’elle nous a frappé encore récemment en plein village dans le pays de Nelson Mandela…

Parlons à présent de votre carrière de slameur. Quelle est votre dernière actualité en tant qu’artiste ?

En déposant ma casquette de promoteur culturel, je dirais que Myname est en studio pour la Sortie de 4 titres qui traiteront d’écologie, de religion, du temps  et de la jeunesse. Sortie dans les prochains jours et une surprise attend mes fans qui découvriront un autre côté de leur artiste… J’espère que ma surprise leur plaira.

Vous avez le privilège de représenter le Cameroun à la première coupe d’Afrique de slam-poésie l’année dernière. Décrivez nous brièvement comment vous avez vécu cette aventure.

Cela a été pour moi le plus beau rendez-vous artistique du donner et du recevoir. C’est vrai que le prétexte était une compétition, mais j’y ai vécu un partage de style, de sensibilité, d’avis, d’opinions mais toujours dans une écoute attentive et le respect de l’apport de l’autre. J’y ai vu la force et la possibilité d’une humanité qui s’écoute sans estimer avoir toujours raison pendant que l’autre a toujours tort et cela m’a inspiré et vous voyez ma détermination dans ce sens…

Je n’y ai pas gagné le trophée mais j’y ai rapporté bien plus, une ambition, une mission : créer l’accord parfait entre tous les Arts et tous les Hommes ; d’où le nom de notre association d’artistes.

Nous constatons que le slam est une forme d’expression artistique qui n’est pas assez vulgarisé au Cameroun. Comment vivez-vous cette situation ?

Je la vis comme tout défi à relever. Ce constat nous pousse tous au travail et oui, vous le verrez bien, tant chez Myname que chez Dr Ted, Lydol, RN, Capitaine Alexandre ou tout autre Slameur engagé et sérieux. Cette suractivité calculée qui porte un nom : « PROMOTION » dans tous les sens que peut prendre ce terme. Nous faisons ce que nous croyons être nécessaires et les fruits qui en découlent nous montrent que nous sommes sur la bonne voie. Déjà on a tous constaté la prise en compte du Slam lors de cette Rentrée Culturelle et Artistique Nationale, nous voyons combien les slameurs sont sollicités… Récemment encore dans un programme avec l’Unesco, il m’a été demandé de préparer un texte que j’ai déclamé à l’Assemblée Nationale ! A vrai dire (c’est mon avis) le Slam va bien et il grandit même bien vite et comme le dit ma sœur et collègue artiste Lydol : « le Slam y arrivera ».

Pour sortir de cet entretien dites-nous quel sera la suite après le festival Ecran Slam ?

Avec le Festival Ecran Slam nous ne faisons qu’amorcer une œuvre qui est à l’échelle de l’humanité : le dialogue interculturel, intergénérationnel et interreligieux. De projets connexes suivront avec des Associations qui nous y aideront :

  • Je parle de la propagation de nos messages de paix en nos langues. Cela se fera par des compétitions de la meilleure traduction en langues vernaculaires que nous lancerons presqu’immédiatement après le festival pour rendre plus accessibles les messages de paix collectés pendant le festival. Nous y travaillons déjà avec l’association WINWORLD qui travaille dans la promotion et l’apprentissage de nos langues nationales,
  • Je parle aussi de la traduction de nos messages en langage des signes,
  • Et bien sûr nous travaillerons sur quelques clips pour la promotion de la paix et la mise à disposition des fruits du festival à l’échelle mondiale.

« Une couche de Slam pour que la paix touche à l’Âme »

 

Propos recueillis par Colbie MEDJOM

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La rédaction

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