Le Cameroun peut désormais se vanter de compter parmi ses talents des artistes de slam, un art auparavant répandu en occident et qui peu à peu prend de l’ampleur au Cameroun. Parmi ceux-ci, l’on peut compter MyName, un jeune camerounais qui a choisi le canal du slam pour faire exprimer son talent, ainsi que sa passion pour les mots. Sa carrière en plein décollage, le slameur  continue de faire ses preuves auprès d’un public qui intègre encore cette pratique de l’écriture. MyName est par ailleurs le vainqueur du concours national de slam 2018, ce qui lui a valu le titre d’ambassadeur du Cameroun à la première Coupe d’Afrique de Slam-Poésie qui aura lieu au Tchad.

Passionné de la langue française depuis le secondaire, MyName  développe également de l’affection pour le genre poétique, ce qui va l’amener à rédiger des poèmes à partir de la classe de troisième. En terminale, son penchant pour les mots va le conduire à plusieurs victoires aux championnats de scrabble et par la même occasion, il mettra son premier poème en musique, intitulé « la vie » qui était un moyen pour l’auteur de s’interroger sur l’usage que nous faisons de cette dernière.

En 2011, pendant qu’il fait des répétitions dans les rues de Yaoundé, il est repéré par des slameurs qui vont aussitôt l’inviter à participer à des ateliers à l’Institut Français du Cameroun au sein du groupe « 237 paroles ». Un an plus tard, le jeune poète qui avait déjà quelques notions sur le slam fait sa première scène qui était au cours de la « compétition des 10 mots » de la francophonie.

Après cette étape, MyName décida de partager ce qu’il avait appris jusque –là avec ceux à la quête de la connaissance et enchaîna des classes de slam dans les l’IFC où il est « slam master » de 2012 à 2016. Ensuite, il renouvèle l’expérience au musée la « Blackitude » où il se trouve toujours. Pendant qu’il est « slam master » à la « Blackitude », il participe pour la première au concours national de slam en Février 2017 où il termine 2e. Toutefois, Il retente l’aventure à l’édition suivante et cette fois il en ressort vainqueur national, ce qui lui vaut son ticket de qualification pour la Coupe d’Afrique de Slam-poésie que va organiser le Tchad en Novembre 2018. Le chapitre des compétitions ne se referme pas pour le slameur qui obtient sa qualification pour la demi-finale de « AyadaLab » en Janvier 2018 avec sa slamodie musicale « Faut des parts ».

Cependant, l’artiste a à son actif de nombreuses productions qui jusqu’ici ne sont pas encore sur le marché dû aux contraintes financières et techniques. Parmi celles-ci, « la parole » écrite en 2012, « l’amour des hommes » écrite deux ans plus tard, « au nom de la justice », « un bâtard à la barre » qui est un cri contre le phénomène de l’avortement, « mon pire ennemi » et « mon cri » l’œuvre avec laquelle il a remporté le concours national. Ces titres qui sont pour la plupart ceux avec lesquels My Name a participé aux compétitions, vont figurer dans son premier album qu’il prépare en ce moment.  Cet album après sa sortie sera suivi d’un recueil de poèmes et d’une présentation de sa slamodie musicale dans laquelle il compte caricaturer la lutte interne entre la réflexion et les actions que vit tout être humain au quotidien.

Toujours dans le sillage des projets de l’artiste, il ambitionne mettre sur pied sa structure « A corps parfait » qui va œuvrer pour la paix et le vivre-ensemble à travers tous les secteurs de l’art.

Cet artiste qui se voit plus comme un défenseur des valeurs intrinsèques de l’humanité au-delà des appartenances, cercles et obédiences religieuses et politiques, trouve son inspiration dans son vécu et sa capacité à se mettre à la place des autres, dans la mesure où ces derniers « aimeraient partager, décrier et/ou dénoncer s’ils avaient les bon mots ». C’est d’ailleurs cela qui l’a amené à conclure que « le slam est une méthode/technique qui permet de mieux communiquer quel que soit la discipline à laquelle on se prête ».

Mebondé Ndongo Jean Stéphane de son vrai nom, est originaire de la région du Centre, détenteur d’un baccalauréat série « D » avec parcours académique en comptabilité et gestion d’entreprise mais qui n’a pas hésité une seconde à se lancer dans le slam-poésie malgré les difficultés que rencontrent les artistes en général au Cameroun. Néanmoins il continue de vivre sa passion grâce à des modèles tels que « Grand cord malade », Abdel Malick et Rodrigue Njana. Et s’il y a un slameur camerounais de sa tranche que My Name admire c’est bien Dr Ted, son rival lors de la finale du concours national 2018 avec qui il collabore sur la slamodie « Faut des parts ».

Like and share if you liked!
You cannot copy content of this page