La première édition de l’African Music Forum s’est tenue du 20 au 22 septembre dernier à l’Institut Français de Kinshasa. Retour sur cet événement qui a permis aux professionnels d’échanger sur l’industrie musicale en Afrique.

L’African Music Forum 2018, grande rencontre musicale tenue dans la capitale congolaise cette année, aura été un vrai succès.

« Il était important de l’organiser à Kinshasa. Le secteur musical congolais a un potentiel énorme, il faut juste le structurer » a confié Alain Bidjeck, consultant en communication, qui a modéré l’ensemble des ateliers et conférences de l’African Music Forum.

Asalfo, leader du groupe ivoirien Magic System était également du même avis. « La RDC a une démographie importante. Rien qu’à Kinshasa, avec ses 10 millions d’habitants, Magic System se serait fait beaucoup d’argent »,  a déclaré le promoteur du FEMUA, rendez-vous annuel des musiques urbaines d’Afrique à Abidjan (Côte d’Ivoire).

À l’occasion d’un panel d’échange sur le thème « Comment exporter sa musique ? », A’salfo a généreusement partagé les recettes du succès de son groupe. Pour bien s’exporter, la musique africaine devrait, selon le chanteur ivoirien, s’adapter au format international.

« Nous avions adapté notre tube « Premier Gaou » qui durait 5 minutes, au format des radios françaises ; cela nous a permis d’être diffusé même dans les discothèques de l’hexagone » a expliqué A’salfo, qui a ajouté : « Il est difficile pour un artiste de rayonner, s’il n’est diffusé ni à la radio, ni à la télé ».

La star ivoirienne a également insisté sur l’importance des collaborations avec d’autres artistes, quand on sait que les featurings ont fortement contribué au succès de Magic System. À titre illustratif, on pourrait citer « Un Gaou à Oran » réalisé avec l’artiste algérien Mohammed Lamine et le groupe de rap 113 de Mokobe, ou encore « Magic in the air » avec la participation du chanteur marocain Chawki.

La chanteuse camerounaise Daphné a pour sa part loué l’initiative. Pour elle, l’African Music Forum encourage la mobilité des artistes sur le continent. « Je suis très heureuse de participer à cette première édition », a-t-elle déclaré à la presse.

Daphne en concert lors de l’African Music Forum 2018/ DR

Le rappeur franco-congolais Youssoupha pense qu’un artiste devrait être rémunéré correctement quand il accomplit sa tâche. Son point de vue, il l’a exposé au cours d’une conférence avec pour thème « Comment vivre de sa musique ? », où il a révélé que 40% de ses revenus provenaient des droits d’auteur pour lesquels tout artiste devrait se battre, entouré d’une bonne équipe. « L’artiste ne peut pas tout faire », a-t-il affirmé.

Dans un think tank qui a réuni des professionnels du secteur, Alain Yav, directeur général de Pygma, une agence de communication réputée en RDC, s’est demandé s’il existait un mécanisme en RDC, qui permettrait aux artistes de gagner de l’argent. Selon Youssoupha, pour créer cette industrie, il faudrait avant tout miser sur la formation aux métiers de la musique.

La chanteuse congolaise Barbara Kanam a également évoqué ce point lors d’une rencontre sur « L’engagement des femmes dans l’industrie musicale ». Elle ambitionne d’encadrer les artistes. « J’ai dans mon orchestre des danseuses et chanteuses que je souhaite former et produire », a fait savoir la fondatrice du label Kanam Music.

Pour pallier à ce besoin en formation souvent soulevé, un atelier a été organisé, pour apprendre aux artistes à se servir des réseaux sociaux, plateformes de streaming, et des médias audiovisuels (radio, télévision) pour promouvoir leur musique.

L’African Music Forum a été également l’occasion de célébrer la musique africaine à travers deux soirées de spectacles. Daphné a régalé le public de Kinshasa qu’elle rencontrait pour la première fois. Hiro a de son côté, fait vibrer la scène de l’Institut Français lors d’un show donné le 21 septembre.

Magic System a clôturé l’African Music Forum dans la soirée du 22 septembre. Au menu, du zouglou et du coupé-décalé. Les fans ont communié avec les magiciens jusqu’à la fin de leur show. « Le spectacle a été bien monté, on voit que c’est vraiment un concert live », a commenté un mélomane.

African Music Forum 2018 aura tenu ses promesses. Le rendez-vous est à présent pris pour 2019, reste à savoir si l’événement se tiendra toujours à Kinshasa ou dans une autre capitale africaine.

 

 Repost from Walter Badibanga (RDC, Music In Africa)

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