You cannot copy content of this page

RECAN 2019 : Quel bilan pour le pôle « Arts de la rue et de l’espace public » ?

Au lendemain de la fermeture de la 4e édition de la Rentrée Culturelle et Artistique Nationale, nous avons rencontré le coordonnateur de la 4e galerie, « Arts de la rue et de l’espace public », Hans Mbong. Dans cet échange, il nous a sommairement fait un bilan de son pôle au cours de ces trois semaines qu’a duré la RECAN 2019. Il nous a également fait part des perspectives à venir de ce pôle.  

Nous sommes rendus à la fin de la Rentrée Culturelle et Artistique Nationale 2019, quel bilan pouvez-vous faire en ce qui concerne le pôle « Arts de la rue et de l’espace public » dont vous étiez le coordonnateur ?

Le bilan de mon point de vue est un bilan satisfaisant. On peut mieux faire mais pour une première expérience vue les conditions dans lesquelles cela s’est fait on peut se féliciter de ce que les acteurs de manière générale aient répondu spontanément à cette mobilisation. Et surtout par rapport à la perspective de se structurer en fédération, je crois que ça été l’un des éléments motivants, qui, progressivement commence à trouver un accueil favorable auprès de certains artistes. Nous allons continuer la sensibilisation.

D’un point de vue général je crois que la perception que beaucoup, que ce soit les visiteurs, les acteurs des autres secteurs de la création ont pu se rendre compte de la diversité et de la complexité du secteur des arts de la rue et de l’espace public. On pourrait également mettre ça à l’actif de cette RECAN parce qu’habituellement le regard lorsqu’on parle des arts de la rue c’est toujours un regard condescendant.

Conférence pôle “Arts de la rue” sur “Les enjeux, défis et perspectives de la dynamique de regroupement des acteurs culturels en fédérations artistiques” le 16 septembre 2019 au Musée National

Revenons sur la conférence qui a lieu lors de la journée consacrée à votre pôle. Il s’est créé un débat sur les véritables composantes des arts de la rue, d’aucuns ont jugé que les arts de la rue devraient être associés uniquement au hip-hop. Comment comptez-vous gérer cela ? Est-ce que cela n’empiétera pas sur le processus de fédéralisation ?

Je n’ai pas à gérer. J’ai à dire aux gens qu’on parle bien des arts de la rue, on ne parle pas du hip-hop en tant que discipline spécifique. Le hip-hop fait partie intégrante des arts de la rue mais dans les arts de la rue il y a une cinquantaine de disciplines. Ça peut se comprendre pour certains qui sont dans une discipline bien précise qui a eu pignon dans la rue pendant un bon moment et qui pensent que lorsqu’il arrive le moment de véritablement donner de la visibilité à ce secteur ils pensent qu’on ne s’adresse qu’à eux seuls pourtant. Là aussi ça demande de la pédagogie mais une ouverture d’esprit pour que les gens comprennent que si peut-être ils ont été les plus actifs ça ne veut forcément pas dire qu’ils sont les seuls et que cette discipline serait spécifiquement à eux-seuls.

Échos de la RECAN à Yaoundé Comme convenu voici l'échange qu'a récemment eu le réseau des journalistes culturels du Cameroun avec le coordonnateur du pôle arts de la rue, Hans Mbong. #RECAN2019 #KMAuCoeurdesArts

Posted by Kulture Master on Saturday, September 14, 2019

Il y a le théâtre de la rue, il y a les contorsionnistes, il y a les échassiers… Jusqu’ici au Cameroun on a eu à répertorier une vingtaine de disciplines qui s’expriment dans l’espace public donc tous les arts ont leur place. Aujourd’hui l’espace public est devenu un lieu alternatif pour les créateurs et même pour les acteurs culturels en général.

En d’autres termes ?

Tout le monde a envie d’aller au contact du public, tout le monde a envie de renouveler ses créations, de communiquer directement avec soit sa cible soit conquérir un nouveau public…La rue disons c’est le nouvel espace où désormais je crois que la culture camerounaise va véritablement s’exprimer et conquérir les cœurs des mélomanes et des amateurs de l’art.

Conférence pôle “Arts de la rue” sur “Les enjeux, défis et perspectives de la dynamique de regroupement des acteurs culturels en fédérations artistiques” le 16 septembre au Musée National

De manière globale quelle évaluation pouvez-vous faire de la journée du 16 septembre ?

C’est d’abord de féliciter les artistes parce que vous êtes sans ignorer que la météo ne nous a pas été favorable ce jour et que malgré cela les artistes ont bravé ces intempéries pour faire montre de leur savoir-faire et surtout honorer cette journée qui leur était dédiée. Et ça aussi soulève un autre problème de la mise en scène et les spectacles de la rue qui se passent à l’air libre et qui devraient effectivement obéir à une certaine météo pour permettre la pleine expression de ces activités-là ; donc je remercie tous ces jeunes-là qui se sont jetés à l’eau au sens propre du terme, ont pu offrir un spectacle haut en couleur, diversifié, pluridisciplinaire.

Le public a été suffisamment émerveillé et ça nous réjouit d’autant plus que ce qui a été présenté était pratiquement un quart de ce qui a été prévu. A titre personnel je n’ai pas manqué de leur exprimer ma gratitude… C’était une forte pluie et elle est finie très tard donc tout ce qu’on a pu faire cette journée-là s’est passé pratiquement dans la pluie en dehors de la conférence-débat.

Après la RECAN y-a-t-il quelque chose de prévu pour maintenir les artistes dans le bain ?

Bien évidemment,  la RECAN n’était que la rame de lancement du travail qu’il y a à faire. Le gros travail c’est maintenant qu’il commence. Il faut poursuivre la sensibilisation, la pédagogie, enlever dans l’esprit de ceux qui pensent que lorsqu’on parle des arts de la rue c’est une discipline artistique bien précise mais étendre cette sensibilisation sur l’ensemble du territoire camerounais. Nous sommes déjà en train de travailler sur un plan d’action qui nous a d’ailleurs été demandé à la fin de cette RECAN pour que dès le début de l’année on commence à implémenter toujours sous le couvert je suppose bien du pôle ; en espérant qu’entre temps la loi sur la mise en place des fédérations sera déjà promulguée par le président de la république.

En un mot c’est maintenant que le travail commence dans ce secteur et nous avons heureusement profité de cette RECAN pour tenir des rencontres spécifiques avec les disciplines. Nous allons poursuivre cela, nous allons accompagner les artistes, les créateurs, les porteurs de projets dans leurs disciplines respectives mais dans une logique de regroupement et d’harmonisation d’un agenda culturel dédiée aux arts de la rue.

Pour sortir de cet entretien est-ce que vous avez les nouvelles du pôle « arts de la rue et de l’espace public » des autres régions ?

Timidement… Je crois que le contexte dans lequel la RECAN a eu lieu n’a véritablement pas permis à ce qu’on puisse coordonner ces activités de manière à ce qu’il y ai un seul discours et les éléments d’un même langage. A Douala j’ai quand même un retour intéressant, les choses se sont faites. Dans les autres régions véritablement pas encore mais on aura le temps d’ici là de savoir soit que les artistes des arts la rue ont été associés, ont été présents soit alors il faut les mobiliser tout simplement pour qu’ils comprennent qu’il y a une dynamique qui est en train de se mettre en place et qu’ils doivent prendre le train est encore en gare.

Propos recueillis par Colbie MEDJOM

Crédit photo: Kulture Master  

Follow and share if you liked
error0

Colbie Medjom

Next Post

RECAN 2019 : Retour sur les grandes lignes à Yaoundé

mar Oct 8 , 2019
La cérémonie de clôture de la Rentrée Culturelle et Artistique Nationale a eu lieu le 29 septembre dernier sous le regard attentif du ministre des arts et de la culture au Musée National. Cette 4e édition qui se déroulait simultanément dans toutes les 10 régions était placé sous le […]

Archives

Follow by Email
Facebook
Facebook
Instagram0