Les cinéphiles du Cameroun, précisément de Douala seront les premiers à découvrir le film « Rebirth » le 28 décembre prochain à Douala Bercy à l’occasion de sa sortie officielle. Le film réalisé par le duo Sergio Marcello et Brice Fansi et écrit par Sandrine Ziba (également une des actrices du film) est une nouvelle production du 7e art camerounais qui met en lumière les ravages du cancer. Pour en savoir plus, nous avons rencontré Sandrine Ziba avec qui nous avons eu l’échange qui va suivre ci-dessous.

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 De quoi parle exactement « Rebirth » ?

« Rebirth » c’est un long métrage 100% camerounais. En gros ça parle de la difficulté qu’ont des personnes à vivre avec des malades souffrant de cancer, peu importe le type de cancer, en phase terminal surtout.

Qu’est ce qui a motivé le choix de ce thème ?

C’est un thème qu’on voulait développer. On en a un peu marre des thèmes d’amour. C’est vrai il  y a de l’amour dans « Rebirth » mais on voulait toucher un thème assez sensible. Le cancer c’est une des maladies qui touche si on va le dire 95% de la population mondiale. Il n’y a pas de famille dans ce monde qui n’a pas eu un membre souffrant de cancer et moi ayant perdu ma tante souffrant de cancer j’ai voulu développer cette maladie dans le film.

C’est une forme de renaissance… Il y a beaucoup de choses qui s’y passent que je n’aimerais pas développer mais c’est la renaissance.

Nous remarquons également dans la bande-annonce que vous évoquez l’infertilité dans le couple ? Y a-t-il des raisons particulières ?

Oui c’est une des conséquences du cancer. C’est un couple jeune… Le film se joue en trois temps : des enfants, des adolescents et l’âge adulte qui interprètent les mêmes personnages. Ils ont traversé pas mal d’étapes dans la vie. La fille a caché beaucoup de choses à son mari pendant l’adolescence et plus tard dans la vie cela a des répercussions sur elle. Le moment venu elle ne peut pas enfanter malheureusement pour elle…Bon je ne vais pas tout dévoiler maintenant (rires).

A qui s’adresse ce film et pensez-vous que le message ainsi développé puisse valablement atteindre la cible ?

La cible est diversifiée : jeunes, adultes. On n’a pas voulu cibler. On parle du cancer, c’est une maladie, il y a même des enfants de 5 ans qui ont perdu des parents des suites de cancer. C’est vrai ils ne vont pas comprendre mais s’il faille parler de cible on va dire que le film s’adresse à ceux qui ont l’âge de raisonner. Si on a l’âge de raisonner et de comprendre certaines choses à travers un film, on est invité à venir voir « Rebirth ».

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C’est notre souhait que le message atteigne le public car ça été assez développé. Beaucoup de choses ont été expliquées, il y a un acteur qui a joué le rôle d’un cancérologue. J’ai fait beaucoup de recherches sur le sujet et voilà le public gagnera à être là en tout cas.

Quelles sont à cet effet vos attentes par rapport à cette cible ?

J’espère qu’elle aura un sentiment de satisfaction à la sortie du film et j’aimerais que chacun prenne sur soi. Ce n’est pas une fatalité vous savez, c’est vrai c’est une maladie interplanétaire mais quand ça arrive il faut pouvoir gérer sur le coup et soutenir le malade. J’espère en tout cas qu’elle comprendra beaucoup de choses à travers « Rebirth ».

Comment s’est opéré le choix des acteurs qui ont porté les différents personnages à l’écran ?

Sandrine Ziba, Joe Richard Pook et Noelle Kenmoe, acteurs principaux dans “Rebirth”/ DR

Déjà pour l’acteur principal quand j’écrivais je pensais à lui, donc c’est pour lui que j’écrivais mais pour les autres rôles c’était beaucoup plus sur casting physique. Je voulais être entourée aussi des personnes que je connais, c’était mon premier projet en tant que productrice donc du coup je voulais m’assurer d’être avec des personnes qui sachent me rappeler à l’ordre en cas d’égarement ». Le choix du casting s’est fait par rapport aux profils et au jeu des acteurs.

Vous êtes à votre première production derrière la caméra et vous avez certainement fait face à certaines difficultés. Quelles sont ces difficultés que vous avez rencontrées ?

On est au Cameroun, on connaît les difficultés qu’on a à produire un film. Bon il y a d’abord eu l’indisponibilité des sites. On a dû supplier pour pouvoir convaincre quelqu’un pour qu’il nous laisse hôpital parce que le film est tourné à 60% à l’hôpital. Par la grâce de Dieu on a eu la chance d’avoir finalement quelqu’un qui nous a ouvert sa clinique et le site de la maison principale. On a eu la chance, la preuve le film va être diffusé.

Avec les acteurs ça s’est bien passé à part les retards de ma complice Noelle mais bon je comprends, sinon le reste des acteurs étaient professionnels. Aussi je n’ai pas délégué les tâches, j’ai beaucoup pris sur moi du coup ça a eu de l’impact. Je crois que j’apprendrai plus de ma deuxième production.

La date de la sortie officielle est déjà connue. A quoi devrait s’attendre le public en venant à Douala Bercy le 28 décembre prochain ?

Le public devrait s’attendre à un nouveau style de film camerounais parce qu’on a cette mauvaise image de notre cinéma mais les gens ne savent pas que ça fait 5 ou 6 ans que les choses ont changé. On essaye de travailler, le public en salle va découvrir un nouveau style de cinéma bien élaboré, des acteurs, les décors, bref on a mis les petits plats dans les grands. On s’est donné à fond pour proposer un film de qualité aux cinéphiles parce qu’on les respecte beaucoup.

Nous constatons que vous avez choisi uniquement la ville de Douala pour la première projection du film. Pourquoi pas les autres ?

Déjà parce que Douala c’est ma base et puis pour une raison que j’ignore le public de Douala est assez ouvert. On le voit avec cette promo, les gars en veulent, ils achètent des tickets. Je crois qu’on risque le guichet fermé le 28 décembre mais après les gens demandent qu’on aille projeter à Yaoundé. C’est une possibilité, on est en train d’étudier avec les réalisateurs… On va d’abord voir ce que ça va se passer ici le 28. Et puis le temps de tout préparer parce que si on a maximisé la promo ici à Douala il faudra qu’on fasse le double à Yaoundé. On va voir, ce sera pour février…

Une fois la sortie officielle passée, le public aura-t-il l’occasion de savourer le film à la télévision aussitôt?

Le film sera distribué par Wouri TV le coproducteur. C’est une œuvre, on a investi de l’argent, on s’attend à ce que les chaînes de télévision l’achètent et qu’il soit diffusé.

Après le 28 décembre what next ?

En janvier on commence un nouveau long métrage « La marche de l’espoir » de Noelle Kenmoe et puis en février je dois être à Yaoundé pour le long métrage de Frank Lea Malle « Innocent(e) ». L’année ne fait que commencer et on va voir comment ça va donner.

Mot de fin : Déjà merci pour la disponibilité. Je vous invite massivement le 28 décembre à Douala Bercy. Parlez-en à vos amis, familles, à tout le monde. Venez découvrir le cinéma camerounais. On fait déjà des choses de Hollywood chez nous (rires), donc venez massivement découvrir, c’est un nouveau cinéma. Venez nous encourager, on a besoin de vous pour pouvoir avancer.

Propos recueillis  par Colbie MEDJOM

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