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Frank Thierry LEA MALLE : une véritable histoire d’amour avec le cinéma

Après Jean Pierre Dikongue Pipa, Bassek Ba Kobhio, Jean Pierre Bekolo et bien d’autres, voici venue une nouvelle génération de cinéastes prête à assurer la relève. Parmi ceux-ci se trouve le scénariste et réalisateur Frank Thierry Lea Malle, plus connu sur la place publique pour son talent et son franc-parler.

Déjà plusieurs années que les générations de cinéastes se succèdent au Cameroun, chacune d’elle ayant marqué son époque à sa manière. Après Jean Pierre Dikongue Pipa, Bassek Ba Kobhio, Jean Pierre Bekolo et bien d’autres, voici venue une nouvelle génération de cinéastes prête à assurer la relève. Parmi ceux-ci se trouve le scénariste et réalisateur Frank Thierry Lea Malle, plus connu sur la place publique pour son talent et son franc-parler.

Frank Thierry Lea Malle/ Journée “Au Coeur des Arts by Kulture Master, 1er décembre 2018/ (c) Georges Tankam

Ce jeune camerounais né le 31 mai 1987 à Douala est épris d’amour pour l’art depuis toujours. Il commence d’abord par s’intéresser à la bande dessinée, qui, pour lui est un bon moyen pour raconter une histoire mais son inaptitude à réaliser des dessins va le pousser à regarder ailleurs. Une fois titulaire du baccalauréat, Frank Thierry Lea Malle va s’inscrire en arts du spectacle et cinématographie à l’université de Yaoundé où il sortira nantis d’un master en 2015. Comme confié par ce dernier, c’est à l’université qu’il découvre réellement le théâtre et le cinéma comme outils pour raconter une histoire, mais chemin faisant il va finir par choisir  le cinéma.

Après ses études supérieures Frank Thierry Lea Malle, très enthousiaste à l’idée de se lancer véritablement dans la pratique du métier décide de créer sa propre structure. Ainsi en 2016, Inception Arts and Com, entreprise légale de production audiovisuelle et cinématographique voit officiellement le jour. Pour mener le combat qui est celui de faire rayonner le cinéma camerounais, il n’hésite pas à faire confiance aux jeunes comme lui.

Ses projets

Une fois l’entreprise mise sur pied, le jeune prodige peut à présent se lancer dans le bain de la production et la même année il écrit et réalise son premier court métrage « Mes vampires ». Dans « Mes vampires », le réalisateur met en scène la perception de la société rurale sur la maladie mentale dont souffre le personnage principal Agnès incarné par Mbesso Sonita Fabiola. Ce film de 26 minutes produit sur fonds propres va lui valoir plusieurs reconnaissances et distinctions au Cameroun et à l’étranger, parmi lesquelles le prix du meilleur scénario et du meilleur cadrage au Festival Urbain du Film et Documentaire (FUFIDO, 2016) à Douala et le prix de l’excellence au Festival « Wuda fait son ciné » (2018) en Chine.

Toujours en 2016, Frank Thierry Lea Malle va participer au  concours d’écriture du scénario du festival Ecrans Noirs « 10 jours pour un film » qu’il va finalement remporter. Grâce à cette victoire, il va bénéficier de l’accompagnement financier de GIZ et produire « Point de vue », un film de 13 minutes avec comme acteurs principaux Landry Beyeme et Virginie Ehana. Dans ce film, il parle de la condition de la femme et les différentes formes de violence qu’elle subit au quotidien. Le film fait bonne impression et remporte de nombreuses récompenses telles que le prix du Kwat d’or au festival Œil du Kwat (Yaoundé, 2016), le prix du meilleur décor au FUFIDO 2016 et le prix du Yafma d’or au Afrika Film Festival (Belgique, 2017).

En 2017, un nouveau chapitre s’ouvre dans la vie professionnelle de l’artiste. En effet, il est le lauréat d’une bourse octroyée par l’Institut Goethe. Cette bourse va le conduire à la FilmArche, une école de cinéma basée à Berlin, où il va effectuer un stage professionnel en réalisation. A l’issue de ce stage, il va écrire et réaliser « Hands », un film de 10 minutes dans lequel il évoque le phénomène de fuite des cerveaux de l’Afrique vers l’occident. Le film va à son tour être sélectionné et récompensé dans plusieurs festivals à l’instar du First Short (Yaoundé, 2017) où il a reçu le prix stylo d’or, du festival Art City (Buea, 2017)   où il a reçu le prix « best social awareness », le festival de cinéma africain de Vérone (Italie, 2018) et le festival Alternatif Multidisciplinaire Tunis scène libre (Tunisie, 20181).

En 2018, il reprend du service en écrivant le scénario de ce qui deviendra son 4e film « Angles ». Le film de 15 minutes qui met en avant les acteurs Tatiana Matip et Eshu (Rigobert Tamwa) nous apprend tout simplement que « nous sommes tous les angles d’une même figure ». Explique-t-il. Quelques mois après sa sortie, « Angles » est récompensé aux Rencontres Internationales du Films Court (RIFIC, Yaoundé) où il remporte le grand prix RIFIC.

Aujourd’hui Frank Thierry Lea Malle est sur le point de faire un bond dans sa carrière de cinéaste en réalisant son premier long métrage. Intitulé « Innocent(e) », ce film d’après le réalisateur viendra révolutionner la manière de faire le cinéma au Cameroun. Adapté pour le cinéma et la télévision, « Innocent(e) » a en tête d’affiche Virginie Ehana, Fidèle Ngo Bayigbedeg et Noel Ferdinand Tiognou (Double T). Le tournage est prévu pour cette année à Yaoundé et Abong-Mbang (région de l’Est).

Ce jeune talent dans l’exercice de sa passion ne cache pas ses frustrations lorsqu’il s’agit d’évoluer dans l’espace cinématographique au Cameroun. Son principal obstacle n’est autre que le manque de fonds pour réaliser les films. « Je vis dans un environnement hostile à l’émancipation de l’entrepreneuriat jeune ». Ce phénomène d’après lui est la conséquence du désintérêt porté à l’endroit du 7e art. « Le cinéma est assez lésé par les pouvoirs publics mais aussi par le public lui-même ». Déplore-t-il.

Inscrit en thèse de doctorat, Frank Thierry Lea Malle ne compte pas s’arrêter en si bon chemin malgré toutes les difficultés auxquelles il fait face et à son niveau fait ce qu’il faut pour contribuer à l’essor du cinéma dans notre pays. « Chacun de nous a sa part d’efforts à fournir. Ce qu’on essaye de faire à Inception c’est de se former, en même temps former les jeunes qui ont réellement envie d’apprendre le cinéma et on essaye surtout d’exister et de faire face à l’adversité ».

 

                                                                                            Colbie Medjom ©

Vous pouvez soutenir son premier projet de long métrage en participant à CETTE  levée de fonds en ligne. 

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La rédaction

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